Quand les masques importés manquent, quelle solution ? La réponse tombe sous le sens : en fabriquer soi-même. C'est d'ailleurs ce que nombre de couturiers professionnels ou amateurs avaient décidé de faire,, dès avril, en lançant les masques en tissu, aux normes AFNOR. Et pourquoi ne pas lancer une production industrielle de masques chirurgicaux ici, à La Réunion ? C'est l’idée qui s'est imposée aux dirigeants du groupe Les Flamboyants. "Il fallait trouver une solution pérenne pour que notre île soit autonome en termes de masques à usage unique, à haute capacité de filtration", explique Gérard d'Abbadie, PDg du groupe.  C'est ainsi qu'est née Mascareignes, filiale des Flamboyants. 

Etapes 1 et 2. Les trois couches de tissu sont plissées par un rouleau à crans puis applaties dans une pince plate et un rouleau lisse avant de passer sur le poste de soudure par ultrasons où les bandes de tissu seront découpées au format individuel. 

20 emplois créés à terme

Il a fallu plusieurs semaines de recherche, au Groupe Les Flamboyants pour trouver un fabricant chinois de machines haut de gamme, assurant une capacité importante de production. La première machine, dédiée aux masques chirurgicaux standard, est déjà en place. Celle assurant la production de masques FFP2 doit livrer sa première production d'ici début août, et la troisième, pour les masques petite taille, devrait arriver sur l'île d'ici deux à trois mois. Dans un premier temps, la production sera destinée aux personnel soignant puis, dans un second temps, à l’ensemble de la population. Pour la mise en route, six salariés composent l'effectif,  mais l'équipe devrait progressivement atteindre 20 salariés, lorsque les trois machines seront en fonctionnement. 

 

 

Un investissement de 2,5 millions d'euros

Aidée par La Région pour l’acheminement de la machine, Maskareignes a déboursé au total près de 2,5 millions d’euros pour l’achat du matériel et de la matière première pour fabriquer les masques. Une partie de l’investissement (hors matières premières, dépenses non éligibles aux aides) est susceptible de faire l’objet d’un financement européen. C’est la qualité de cette matière première, qui permet 98% de filtration, qui en font des produits aptes à être considérés comme produits à usage sanitaire.  

Etape 3. Les masques arrivent sur la station où vont être soudés d'abord l'élastique de nez puis ceux des oreilles. 

22 millions de masques à l'année

Plus de 250 000 masques chirurgicaux seront produits par semaine. Lors de la conférence de presse de lancement, Aude d'Abbadie-Savalli, Directrice générale du groupe Les Flamboyants a précisé vouloir fixer un prix de vente en-dessous de celui des masques importés. Soit environ 50 centimes l'unité pour les masques chirurgicaux. Le prix de vente des masques FFP2 n'est pas encore connu mais devrait être également inférieur à celui des masques d'importation. Les commandespourront se faire, d'ici quelques mois, sur le site maskareignes.re. Un réseau de pharmacies pourrait également distribuer ces masques si les négociations aboutissent. 

Aude d'Abbadie-Savalli, Directrice générale du Groupe Les Flamboyants, présente le packaging des masques péi, en cours de validation.

Mireille Legait / www.formeetbienetre.re / Le quotidien santé de La Réunion