Les études écologiques réalisées jusqu’ici ne présentent que des résultats limités, reposant sur des données rendues rapidement caduques par l’évolution de l’épidémie. Ainsi, l’Amérique du Sud, épargnée par le Covid-19 pendant plusieurs mois, connaît actuellement une flambée épidémique, tandis que les projections très pessimistes concernant les pays d’Afrique ont été démenties.

La nécessité de déterminer si les variations saisonnières et géographiques sous différents climats affectent la transmission du virus demeure impérieuse, afin d’anticiper de nouvelles vagues épidémiques au cours des mois à venir. Cela est particulièrement difficile, dans la mesure où la susceptibilité des populations face aux infections émergentes est très haute : des facteurs climatiques influant sur la dynamique de la transmission virale pourraient être masqués, dans un premier temps, par le caractère explosif de la phase pandémique.

Pour explorer ce phénomène, des chercheurs de l’université de Princeton, aux États-Unis, ont bâti un modèle qui permet de simuler différents scénarios climatiques en utilisant des données sur des agents infectieux qui présentent des caractéristiques communes avec le SARS-CoV-2, mais qui circulent déjà dans la population humaine et dont la sensibilité aux conditions climatiques est de fait mieux connue : les bétacoronavirus HKU1 et OC43, la grippe saisonnière, et le virus respiratoire syncytial.

Leurs résultats confirment que la première vague épidémique de Covid-19 ne devrait pas être affectée par les changements saisonniers, et en particulier par les variations d’humidité et de température. Les chercheurs estiment que seules les interventions sanitaires constituent un facteur environnemental susceptible d’avoir une influence sur l’épidémie à ce stade. Néanmoins, quand la proportion d’individus qui n’ont jamais été exposés au SARS-CoV-2 aura sensiblement diminué à l’issue de quelques mois ou années, peut-être pourra-t-on observer une sensibilité importante du virus aux variations climatiques : il deviendrait alors un virus endémique provoquant des épidémies saisonnières.

(Sources INSERM, Rachel E. Baker, et al. Science, 18 mai 2020)

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