1. C'était déjà le cas avec le SRAS

Si l’étude chinoise est récente, puisque concernant Covid-19, le lien entre groupe sanguin et sensibilité au virus ne date pas d’hier. C’est suite à l’épidémie de SRAS en 2003 à Hong-Kong que les premières pierres de cette réflexion ont été posées, par une équipe française, comme le souligne avec beaucoup de pertinence un reportage de France Inter. A Nantes, dans un laboratoire de recherches de l’INSERM, une équipe de chercheurs avait déjà constaté une légère différence entre les groupes sanguins et avaient cherché l’explication.

2. Il y a plus d’anticorps dans le groupe O

Leurs travaux ont permis de montrer que ce sont les anticorps qui font la différence. En effet, en fonction de notre groupe sanguin, nous développons des anticorps différents dès notre naissance. Les personnes du groupe sanguin A auront des anticorps B, les B des anticorps A. Quant aux O, ils développent à la fois des anticorps A et des anticorps B. Une double défense qui peut expliquer l'immunité naturelle légèrement supérieure des personnes de groupe O.

On a bien dit « légèrement supérieure », donc pas question de se frotter les mains. L’immunité n’est que légèrement supérieure. Donc on se protège, on se confine absolument comme les autres car rien ne dit qu’on ne sera pas touché quand même. La preuve, c’est que dans l’étude chinoise, il y avait un nombre conséquent tout de même de personnes du groupe O. 

3. Le savoir permet d’entrevoir une solution

Contrairement à ce qui a été souvent avancé dans les commentaires sous le post relatant l’étude chinoise, ce n’est pas le groupe A qui est majoritaire à l’échelle mondiale mais c’est le groupe O (45%). C’est un petit avantage face au virus, parce que cela veut dire que sa progression dans le monde est freinée grâce aux anticorps qu’il rencontre. Mais on le répète, ça ne veut absolument pas dire que les personnes de groupe O ne seront pas infectées. Vous en avez la preuve plus haut (bis repetita). Quant au groupe B qui n’est pas cité dans l’étude chinoise, selon l’avis de Jacques Le Pendu lors de son entretien avec l’équipe de France Info, l’échantillon est trop peu important pour en tirer une conclusion.

L’intérêt de cette étude, c’est de comprendre comment les anticorps pourraient être utilisés comme une arme de destruction massive contre le virus. En boostant les anticorps (grâce à des probiotiques), il y aurait moins de contaminés et donc un impact moindre de l’épidémie. Mais en attendant que le protocole soit en place, quel que soit votre groupe sanguin, appliquez les gestes barrière et si votre vie professionnelle vous le permet, confinez-vous au maximum. 

A savoir

Et pour terminer sur une touche positive, rappelez-vous la grande majorité des cas (80 à 85%) sont des formes bénines de la maladie. Et que le taux de décès est encore plus faible qu'annoncé, car il ne tient compte que des cas de Covid-19 diagnostiqués, alors qu'il y en aurait en fait beaucoup plus, mais asymptomatiques ou très peu symptomatiques et qui passent donc inaperçus. Mais là encore, ce n'est pas une raison pour ne pas appliquer les règles de précaution énoncées par les autorités de santé. 

L’étude chinoise 2020 est consultable sur un site d’informations médicales MedRxiv.
Les travaux de l’équipe de chercheurs de l’INSERM-Nantes ont été publiés en 2008 sur le site Glycobiology
Si vous lisez l’anglais couramment et avez de bonnes bases en microbiologie, on vous met le lien ici ⤵️

Inhibition of the interaction between the SARS-CoV Spike protein and its cellular receptor by anti-histo-blood group antibodies

Mireille Legait / www.formeetbienetre.re / Le quotidien santé de La Réunion