"Les pouvoirs publics continuent à sous-estimer la crise et à prôner la politique de l’autruche en répétant que la Réunion est au stade 1. Pourtant les médecins constatent au quotidien que l’épidémie prend des proportions alarmantes. Et l’accès aux tests de dépistage est limité par des critères qui ne reflètent plus la réalité du terrain.

Nous devrions être en stade 3

Des milliers de vacanciers reviennent chaque jour à La Réunion en provenance de zones où le virus circule. Or ce n’est que mercredi 18 mars que la quatorzaine a été mise en place pour les voyageurs. Quoi qu’il en soit, les médecins n’ont pas le choix et doivent faire face. Ils sont en première ligne avec des moyens quasi-inexistants en ville. Alors que seuls les médecins généralistes ont reçu une boite de 50 masques chirurgicaux il y a une semaine, rien d’autre n’est annoncé en termes d’approvisionnement à La Réunion pour l’ensemble des soignants. Si les médecins ne peuvent pas exercer en toute sécurité, les cabinets médicaux devront fermer, ce qui est déjà le cas chez certains spécialistes.

Des réponses claires sont exigées par la profession

Les médecins veulent pouvoir faire tester leurs patients, sans être limités par les critères imposés au Samu centre 15. Pour cela, nous réclamons que l’accès aux tests de dépistage en laboratoire de ville soit élargi. En attendant, les médecins s’organisent en aménageant leur cabinet afin de limiter les risques de contagion au sein de leur patientèle et de leur personnel.
La téléconsultation a été mise en place afin de limiter l’exposition de nos patients fragiles, votre médecin traitant qui vous connaît le mieux reste le plus habilité à faire cette téléconsultation.

Eviter une situation comparable à celle de l'Italie du Nord

La population réunionnaise doit, comme nous, médecins, se prendre en charge et se responsabiliser mais c’est au bon sens des Réunionnais que nous en appelons : respectez les gestes barrière et les mesures de distanciation sociale : confinez-vous réellement, n’interagissez qu’avec un minimum de personnes chaque jour. Si vous dérogez à ces mesures, vous ne faites que vous mettre en danger vous et vos proches et faites augmenter le niveau de risque pour l’ensemble de la population.
Nous sommes sur une île, loin de la métropole, quand nos moyens de prise en charge des cas sévères seront saturés, il n’y aura aucune possibilité de prise en charge alternative. Il faut ralentir la progression du virus avant d’arriver à une situation comparable à celle de l’Italie du Nord.

Cela ne dépend que du sens du civisme et de la solidarité."

Le Conseil départemental de l'Ordre des médecins

www.formeetbienetre.re /. Le quotidien santé de La Réunion