Les moeurs ont évolué depuis belle lurette mais les tabous demeurent semble-t-il. Autrefois, quand la sexualité, pour les âmes bien-pensantes, avaient surtout mission de contribuer au renouvellement des générations, une fois venue la ménopause et la reproduction en mode off, les femmes étaient supposées se mettre à la broderie. Et les mâles rechercher la compagnie de jeunesses, puisque les femmes de leur âge ne "pensent plus à ça...".

Et si il fallait revoir la copie ? "C'est surtout un problème de communication dans le couple, estime le Dr Bogo. On n'a pas la même sexualité à 60 ans qu'à 20 ans, ça vaut pour les hommes comme pour les femmes. ​Le rapport peut être moins confortable en raison de la sécheresse vaginale provoquée par la carence en oestrogène, mais il existe des solutions, comme les lubrifiants. Mais souvent, en consultation, ce qui ressort, c'est le manque de communication. Si l'homme manque de douceur, sa compagne va être sur la défensive et il va donc penser qu'elle n'est plus intéressée par la sexualité, du fait de son âge. Mais c'est faux : avec la ménopause, le désir ne faiblit pas car le taux de testostérone est plus élevé. Or la testostérone, c'est l'hormone du désir."

Régularité et complicité

Dans certains cas, le médecin traitant, notamment le gynécologue, peut conseiller le recours à un traitement substitutif pour limiter les troubles de la ménopause. "On va résoudre le problème de la sécheresse vaginale, en compensant la perte oestrogénique, mais ça ne suffit pas, esime le Dr Patrick Bogo, qui n'en démord pas  : la sexualité du couple après la ménopause peut être pénalisée par la baisse hormonale mais c'est surtout une question de communication, de complicité et de fréquence des rapports. "La muqueuse est entretenue par les stimulations mécaniques : moins on fait l'amour, plus la sécheresse vaginale s'aggrave, précise Véronique, sage-femme sexologue dans le Sud. Pour sortir de ce cercle vicieux, il faut encourager la complicité sexuelle et donc la régularité des rapports. D'autant que si les derniers rapports ont été douloureux, alors une appréhension peut aussi s'installer, provoquant des contractions involontaires du périnée et donc des douleurs."  Pour en sortir, il ne faut pas hésiter à en parler à sa sage-femme ou son gynécologue lors de la consultation annuelle, ou prendre rendez-vous entre deux. 

Se prendre en main avec l'aide de spécialistes

De nos jours, les femmes ménopausées revendiquent d'être actives sexuelllement. C'est d'autant plus vrai pour celles qui ont le temps et les moyens de s'occuper de leur apparence. Vie active oblige, elles sont de plus en plus nombreuses. Mais la ménopause est souvent acccompagnée de transformations physiques qui peuvent devenir des freins à la sexualité : la prise de poids, l'épaissement de la zone abdominale, la ptose des seins, le relâchement cutané modifiant l'ovale du visage, les rides...

"Pour être à l'aise dans sa vie sexuelle, il faut avoir une bonne image de soi, estime Valérie, psychothérapeute à Saint-Denis. Quand l'image de soi est altérée, il faut se prendre en main. Bien sûr, les mesures hygiéno-diététiques, la reprise du sport, sont indispensables. Mais la bonne volonté ne suffit pas. Il est parfois nécessaire de prendre le temps de faire le point sur ce qui a conduit à la prise de poids, à un laisser aller dans son apparence. Le comprendre est indispensable pour trouver la motivation de réagir dans la durée. "

Moins médical mais tout aussi thérapeutique : le conseiller en image. Sur l'île, il en existe un certain nombre. Conseils en relooking, en maquillage, colométrie caar les couleurs qui nous vont bien changent avec l'âge, toutes ces techniques viennent renforcer le travail fait sur soi pour mieux maîtriser son corps et ses émotions. Souvent, la session de travail de relooking se termine par un shoot photo avec un portraitiste professionnel, pour se convaincre de la pertinence de ce nouveau look et prendre condiance en soi.  

La médecine esthétique, jusqu'où ?

De même, certains cabinets de médecine esthétique offrent maintenant des solutions de raffermissement et de mise en beauté anti-âge non invasises, tout aussi efficaces que coûteuses. Une bonne chose sur le premier point, car l'efficacité désormais ne passe plus par le bistouri. Ces méthodes non-invasives sont plus rassurantes, moins invalidantes (post opératoire) que la chirurgie esthétique. Néanmoins, leur coût peut donner à réfléchir : jusqu'où aller pour traquer l'illusion de la jeunesse dans ses derniers retranchements ? Est-on plus désirable parce qu'on est en apparence plus jeune ? Ou se niche réellement la séduction ? Le charme, l'humour, la gentillesse, l'érudition, et bien d'autres qualités, sont autant d'atouts que des hommes d'âge mûr sont heureux d'apprécier chez des femmes de leur génération, qui prennent soin de leur apparence, en acceptant leur âge. 

Pour retrouver une bonne image de soi et une sexualité satisfaisante, travailler sur soi est donc la première étape. Psychothérapeutes, coachs sportifs, sexologues, conseillers en image de soi, esthéticiennes, photographes portraitistes..., vous avez le choix des armes !

Mireille Legait / www.formeetbienetre.re / Le quotidien santé de La Réunion