Soigner les troubles du comportement en limitant le plus possible le recours aux médicaments, c'est la vision que défend l'Unité Cognitivo-Comportementale (UCC) du CHU Sud, implantée sur le site du Tampon. Créée en 2010, l'UCC répond aux objectifs fixés par le troisième plan Alzheimer 2008-2012 : améliorer l’accueil en établissement pour une meilleure qualité de vie des patients Alzheimer (ou pathologie apparentée). Ce service de soins de suite à vocation régionale a été agrandi et optimisé en 2018 afin de doubler sa capacité d’accueil. 

Un établissement à taille humaine

Atteints de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies apparentées telle la maladie de Parkinson, ces patients sont accueillis en soins de suite pour des séjours de trente à quarante jours en moyenne.

Autonomes, ils viennent dans cette unité pour traiter des troubles de l’humeur telle que de l’angoisse, de l’agressivité, des troubles du comportement, qu’il s’agisse d’opposition aux soins, de troubles moteurs, du sommeil ou de troubles psychiques affectant la raison. Conséquences directes de leurs pathologies qui peuvent affecter leurs relations familiales, professionnelles et sociales. " L’accueil en soins de suite sur le site du Tampon n’isole pas les patients de leurs aidants ni de leurs familles : « Nous essayons d’impliquer au maximum les aidants et les familles dans la prise en charge du patient, ce qui implique une prise en charge de proximité », souligne le Dr Christophe Mazoyer qui rappelle que l'UCC, dans son cahier des charges, prévoit une prise en charge limitée à peu de patients, soit douze patients depuis 2018 avec une montée en charge jusqu'à 16 patients maximum.

Reconstruire l'estime de soi par l'ergothérapie

Art-thérapie, musicothérapie, gymnastique douce…. Ce sont quelques-unes des activités d’ergothérapie que l’UCC du CHU Sud propose à ses patients. L’établissement dispose d’un plateau technique de réadaptation aux actes de la vie courante adapté aux activités thérapeutiques, d’un plateau de réhabilitation cognitive avec cuisine thérapeutique et d’un espace de déambulation au sein d’un jardin thérapeutique, paysagé et sécurisé. « Les patients Alzheimer sont souvent en échec avec perte d’estime de soi. Les ateliers d’ergothérapie leur permettent de reprendre confiance en eux, de retrouver une image d’eux-mêmes valorisée, ce qui permet de réduire au maximum la prise en charge médicamenteuse », conclut le Dr Christophe Mazoyer.

*interviewé lors de l'inauguration de la nouvelle aile, en août 2018.

Mireille Legait / www.formeetbienetre.re / Le quotidien santé de La Réunion