Comment dépister le cytomégalovirus?

Chez la mère : la primo-infection peut être diagnostiquée avec une bonne sensibilité (78 à 98 % en fonction des techniques) par une sérologie (IgG, IgM et avidité des IgG si les IgM sont positives) à 11-14 semaines d’aménorrhée. Aucun outil n’est validé pour le diagnostic des infections non primaires.

Chez le foetus : le diagnostic de l’infection fœtale est réalisable par amplification du génome viral dans le liquide amniotique prélevé par amniocentèse. Un prélèvement indiqué lors de la découverte de signes échographiques évocateurs lors des échographies habituelles de la grossesse au 2e ou au 3e trimestre. L’évaluation du pronostic d’un fœtus infecté repose sur une évaluation séquentielle de l’imagerie, en particulier cérébrale à l’échographie et à l’IRM, ainsi que sur l’analyse du sang du cordon au 2e trimestre.

Les quelques faux négatifs du diagnostic prénatal ont un très bon pronostic à long terme.

Une évaluation prénatale entièrement normale au 2e et au 3e trimestre s’accompagne d’un risque limité à une hypoacousie légère et le plus souvent unilatérale dans 15 % des cas.

A SAVOIR

Une évaluation normale au 2e trimestre pourra s’aggraver pour causer une symptomatologie grave ou modérée à la naissance dans 5 % et 25 % des cas respectivement. La présence de signes échographiques extra-cérébraux d’infection double ces risques et les atteintes cérébrales sévères vues avant la naissance peuvent justifier d’une interruption de grossesse si elle est demandée.

Chez l'enfant : à la naissance, le diagnostic est fait sur échantillon salivaire ou urinaire prélevé dans les trois premières semaines. Des faux positifs avec charges virales très faibles sont possibles dans la salive, une confirmation dans un second prélèvement est recommandée.

Le diagnostic rétrospectif sur sang séché du carton de Guthrie permet de diagnostiquer la quasi-totalité des infections avec séquelles si la sensibilité analytique de la technique utilisée est bonne.

Quel traitement ?

Les infections du premier trimestre prouvées peuvent bénéficier d’un traitement antiviral par valaciclovir pendant toute la grossesse pour contrôler la réplication virale et prévenir en partie l’apparition d’une atteinte sévère. Néanmoins, beaucoup d’inconnues persistent sur les indications et le bénéfice attendu du traitement antiviral par (val)ganciclovir.

Des protocoles thérapeutiques reposant sur l’administration de molécules antivirales sont proposés aux enfants symptomatiques à la naissance mais la prescription aux enfants asymptomatiques n’a pas encore prouvé sa pertinence.

A SAVOIR

Ce traitement a démontré son efficacité dans le ralentissement de la dégradation de l’audition chez les enfants symptomatiques ; il semble permettre, dans certains cas, une récupération partielle du seuil auditif mais plus souvent une stabilisation de l’audition chez les nourrissons présentant une infection symptomatique par le CMV. Cependant, les modalités optimales de durée de traitement et d’administration ne sont pas encore définies.


*Sources "Séroprévalence de l'infection à cytomégalovirus et infections congénitales en métropole et dans les départements d'outre-mer", Thèse de doctorat en médecine d'Audrey Hermellin-Marchetti, octobre 2017, Université de Limoges.