Lors d'une conférence de presse, le 18 mai, les chercheurs en charge de l'évaluation des tests sérologiques ont pu expliquer leurs travaux et leurs conclusions.  « Ce travail s'inscrit en continuité directe sur les tests Elisa, réalisés en laboratoire de biologie médicale », a expliqué Cédric Carbonneil, chef du service d'évaluation des actes professionnels de l'agence. 

Trois catégories de tests sont évalués par les services de la HAS : les tests diagnostiques rapides (TDR), les tests rapides d'orientation diagnostic (Trod) et les autotests. Ces tests sérologiques permettent uniquement de déterminer si une personne a produit des anticorps en réponse à une infection par le virus. 

 

Ce que recommande (ou pas) la HAS

TDR Ces tests disposent des mêmes indications préconisées que les tests Elisa. Les professionnels asymptomatiques des secteurs sanitaire et médico-social peuvent ainsi en bénéficier en complément d'un dépistage virologique.

TROD  Mêmes indications que pour les TDR, mais les TROD nécessitent une confirmation de diagnostic. De plus, ces tests sont également indiqués pour les patients ayant des difficultés d'accès aux laboratoires de biologie médicale.

AUTOTEST  La HAS estime prématuré de recommander leur utilisation pour le diagnostic, en raison de la difficulté d'interprétation. 

 

 

Un guide d'interprétation attendu

« Ce dispositif est susceptible d'évaluer avec l'évolution des connaissances », a précisé le président de la Haute Autorité de Santé (HAS) pendant la conférence de presse. Un guide d'utilisation des tests, destiné aux professionnels de santé, devrait être prochainement édité et portera sur la prescription et sur l'interprétation de ces tests.

Un guide nécessaire car ces tests virologiques ne sont pas aussi simples à interpréter qu'un test de grossesse et nécessitent donc une formation à leur lecture, afin d'éviter les erreurs d'interprétation. 

Des tests sans danger de contamination

Les tests rapides de sérologie, effectués grâce à un petit prélèvement sur le bout du doigt, nécessitent un matériel de protection moins important que celui utilisé pour les dépistages par RT-PCR (ndlr, reverse transcriptase et réaction de polymérisation en chaîne). En efffet, la transmission du virus par le sang « est extrêmement rare, sauf pour les cas très graves. Les modalités de prélèvement et de relations avec le patient n'ont rien à voir avec toutes les protections nécessaires pour la PCR  », a conclu Cédric Carbonneil. 

S'il est établi que la HAS se montre plutôt réservée quant à l'usage généralisé de ces tests, il est probable que, une fois autorisés par le Ministère de la santé, ces tests soient utilisés à large diffusion : plusieurs millions de personnes pourraient être amenées à bénéficier d'un dépistage sérologique. Et notamment les soignants. Dans les Ehpad, la présence d'un cas confirmé de Covid-19 peut ainsi conduire à un dépistage virologique et à un dépistage sérologique, selon les préconisations de la HAS. 

www.formeetbienetre.re / Le quotidien santé de La Réunion