1. Créer un espace de discussion

Lancer le débat, tenir la porte ouverte aux questions, tout dépend de l’âge des enfants et ados. Et de leur intérêt pour cette question de santé publique.

En créant un environnement ouvert et rassurant où ils se sentent libres de poser leurs questions, nous pouvons les aider à surmonter et faire face aux évènements les plus stressants, de sorte à réduire le risque de survenue ultérieure de difficultés émotionnelles.

Mais s’il faut toujours répondre à leurs questions, il est toutefois préférable de ne pas forcer les enfants à parler de ces sujets tant qu’ils n’y sont pas prêts.

2. Rester vrai

Les enfants sauront nécessairement un jour, pas si éloigné, qu’on leur a caché des choses. Cela pourrait impacter leur capacité à faire confiance et se réassurer auprès de l’adulte par la suite. Il faut donc dire la réalité de la situation mais avec des mots adaptés au stade de développement de l'enfant. 

3. Avoir un langage simple et compréhensible

Chaque enfant, en fonction de son développement personnel et de son âge, doit pouvoir entendre des explications simples, claires, faciles à comprendre. Il faut donc utiliser des mots et des concepts adaptés à leur âge et à leur niveau de langage.

3. Guider les enfants sur les bonnes sources

Cela leur sera utile pour plus tard et les aidera à débusquer les fake news qui pullulent sur les réseaux sociaux. A partir de l’âge de 6 ans et plus, vous pouvez leur expliquer par des schémas simples la hiérarchie des autorités de santé : OMS, HAS, Santé Publique France, Ministère de la Santé…

Traquer les informations pertinentes, validées par les autorités de santé, pour suivre l’évolution des connaissances sur l’épidémie est un exercice intéressant, qui leur fait travailler la logique, la maîtrise de la lecture et du nouveau vocabulaire, des notions de biologie, de statistiques, de géographie…

4. Répéter les informations sans se lasser

Certaines informations peuvent être difficiles à comprendre ou à accepter. Poser plusieurs fois la même question est parfois une manière pour les enfants de solliciter de la réassurance. Il faut donc leur répondre tranquillement, sans s’énerver.

5. Conforter les enfants dans la conviction que leurs interrogations sont légitimes

 Ecouter les questions, prendre le temps d’y répondre, d’accompagner l’enfant dans sa réflexion propre, c’est lui montrer que nous accordons du prix à leurs inquiétudes, qu’elles sont légitimes. Et qu’à toute question existe des éléments de réponses.

6. Prendre en compte le besoin de centrage de l’enfant sur sa situation propre

Pour un enfant, le concept, c’est vague. Leur conception du monde passe par les limites concrètes de leur propre univers. Face à l’épidémie, ils vont s’inquiéter pour leur sécurité, la vôtre, celle de leurs amis proches, de leurs grands-parents.

7. Rassurer sans transformer la vérité

Les enfants ont besoin de savoir qu’ils sont en sécurité chez eux, à l’école, avec leurs parents et leurs enseignants. Mais de là à leur dire que le virus ne frappera leur cercle, il y a un monde. Il faut se montrer rassurant, parler les gestes barrière, rappeler les règles de confinement, en précisant que c’est la meilleure chance de ne pas donner prise au virus. Mais ne pas leur faire de promesses irréalistes.

8. Expliquer l'action collective

Ne pas leur cacher que la menace est réelle est une chose mais ce serait anxiogène si aucune explication était donnée sur la volonté collective de lutter contre le virus. C’est une bonne occasion de montrer aux enfants que lorsqu’une adversité survient à l’échelle collective, nous prenons appui les uns sur les autres.

9. Montrer l’exemple !

Les enfants sont des éponges, qui absorbent tout ce qui émanent de leur environnement. Le bon comme le moins bon. Ils tirent des leçons des attitudes de leurs parents et de leurs professeurs. Ils sont très intéressés de voir comment les adultes qui leur sont proches réagissent à l’épidémie de coronavirus. Il peut donc être important de ne pas leur cacher systématiquement les conversations à ce sujet entre adultes. En veillant à décoder avec eux ce qu’ils pourraient avoir mal compris. 

10. Eviter les émissions télévisées à sensation

Les images de panique, d’urgence, le ton dramatique des présentateurs, l’annonce de nombreux décès dans la population le même jour peut être très perturbantes pour les enfants, surtout si elles se répètent fréquemment. Cela génère du stress et de l’angoisse. Coupez le son et les images, vous pourrez regarder l’émission en replay lorsque les enfants dormiront.

11.  Répérer les signes annonciateurs

Les enfants qui ont déjà traversé des maladies graves ou des deuils par le passé sont particulièrement vulnérables dans ces situations d’épidémies. Heureusement la plupart des enfants, et même ceux qui sont exposés à des expériences de maladie ou de perte, ont de grandes capacités de résilience.

Mais certains peuvent développer des réactions fortes, durables, à l’exposition à de nouvelles expériences de maladie ou de mort. Ils justifient donc d‘un soutien aimant et d’une attention particulière, au quotidien et si nécessaire avec un professionnel.

Un enfant qui s’endort difficilement, qui fait des cauchemars ou exprime des peurs récurrentes de la maladie ou de la mort, angoisse à l’idée d’être séparé même très momentanément de ses parents, se montre agressif ou souffre soudainement d’énurésie, nécessite une prise en charge par un spécialiste.

12. Accepter que l'épidémie n'intéresse pas l'enfant

Nous sommes nous, adultes, soucieux de recueillir toutes les informations possibles sur cette épidémie. Mais la plupart des enfants veulent simplement continuer à être des enfants. Il est possible qu’ils ne veuillent pas savoir en permanence ce qui se passe dans leur pays ou dans le monde. Il faut donc également les autoriser à continuer à jouer, se dépenser, à plaisanter, rire, s’amuser.

www.formeetbienetre.re / Le quotidien santé de La Réunion