A la mi-février 2019, une recrudescence des passages aux urgences pour bronchiolite avait été observée à la Réunion chez les enfants de moins de 2 ans. Cette tendance, habituelle à cette période, avait été plus importante qu'en 2018 même si les premiers cas de bronchiolite étaient arrivés tardivement.

En effet, pas moins de 110 passages aux urgences avaient été enregistrés du 18 au 24 février,  soit une augmentation de 39% par rapport à la semaine précédente. Plus d’un enfant sur deux avait été hospitalisé pour un motif de bronchiolite suite à son passage aux urgences entre le 18 et le 24 février. Qu'en sera-t-il en 2020, lors du pic de bronchiolite ?

Lavage de nez et surveillance active

Quoi qu'il en soit, les nouvelles recommandations qui viennent d’être publiées par la Haute Autorité de Santé (HAS) écartent d'office la kinésithérapie respiratoire comme traitement de premier recours pour les bébés de moins de 12 mois.

Pour améliorer le confort respiratoire, le lavage de nez est d'autant plus recommandé que le nourrisson respire exclusivement par le nez jusqu'à 6 mois. La HAS estime en revanche inutiles corticoïdes, bronchodilatateurs, fluidifiants et antibiotiques (réservés aux surinfections bactériennes).

La kiné respiratoire contre-indiquée

De même, la kinésithérapie respiratoire, les techniques traditionnelles telles que le clapping ou la vibration, sont désormais contre-indiquées. La technique de l’augmentation du flux expiratoire n’est pas non plus recommandée y compris à l’hôpital. Cette technique ne modifierait pas le statut clinique et pas davantage le temps d’hospitalisation.

Toutefois la HAS et le Conseil National Professionnel de Pédiatrie (CNPP) soulignent "la nécessité de poursuivre la recherche et de mener des études permettant de mesurer l’impact de cette technique, en particulier sur le recours aux hospitalisations".

Une fiche à l'intention des parents

La HAS et le CNPP ont édité une fiche de conseils aux parents pour un premier épisode de bronchiolite aiguë  qui recense les signes devant amener à consulter le médecin traitant et ceux qui impliquent un appel urgent au 15. "Un document bienvenu dans la mesure où les premières 48 heures d’une bronchiolite aiguë peuvent paraître très longues et que seul l’imprévisible est sûr", observe le Pr Pierre-Louis Druais, médecin généraliste, vice-président de la commission recommandations, pertinence, parcours et indicateurs de la HAS.

Parmi ces conseils, celui du confinement pendant 48 h : "Le virus est éminemment contagieux, via les postillons, les mains et les surfaces", souligne le Pr Marguet. C’est pourquoi il est préférable que l’enfant soit gardé à la maison au moins les deux premiers jours, lors de la phase aiguë de l’infection qui dure en moyenne 10 jours".

Des outils pour les médecins

La HAS a également conçu des outils à l’intention des médecins pour l’évaluation initiale de la bronchiolite et les aider à définir la prise en charge nécessaire : une check-list qui recense les critères de gravité cliniques tels que les fréquences respiratoire et cardiaque ou les troubles de l’alimentation) et les critères de vulnérabilité.

Selon le niveau de gravité, des indications sont précisées pour la prise en charge initiale. Trois critères de vulnérabilité ont été retenus : l’âge, inférieur à 2 mois où le risque d’apnées est élevé, la prématurité (≤ 36 semaines) et l’environnement familial (compréhension des consignes de surveillance, tabagisme de l’entourage, etc.).

Hospitalisation non requise en général

Le recours aux urgences et à l’hospitalisation n’est pas nécessaire dans la très grande majorité des cas. Et préférable pour éviter les infections nosocomiales. En effet, le pic de bronchiolite survenant à la même période que la gastroentérite à rotavirus, il n'est pas rare qu'un bébé hospitalisé pour l'une de ces deux affections ressorte avec l'autre...

Lire aussi => 4 conseils pour éviter la bronchiolite à bébé

A SAVOIR

La bronchiolite touche environ un million de nourrissons en France chaque année, soit 30 % des enfants de moins de 2 ans. 11 % d'entre eux passent par les urgences. La bronchiolite, liée au virus respiratoire syncitial (VRS), est une cause de recours massif aux consultations alors que la maladie, certes impressionnante par l'inconfort qu'elle génère chez les petits malades, est le plus souvent bénigne.