Selon les statistiques officielles, 20 à 25 % des fractures ostéoporotiques sont observées chez des hommes. Attention si vous avez plus de 70 ans, le risque de fracture augmente sensiblement pour vous. Et même, au-delà de 75 ans, l'augmentation de fractures ostéoporotiques progresse de manière considérable. Pour vous consoler, si l'on ose dire, chez les femmes, même topo ! On en rajoute même une louche, tant qu'à faire :  le risque de présenter une nouvelle fracture après la première est évalué au même niveau dans les deux sexes. A savoir, ces seconds épisodes fracturaires surviennent dans la moitié des cas dans les deux ans qui suivent la première fracture. 

De nouvelles recommandations pour limiter la gravité

Si vous êtes sportif, vous allez sans doute hausser les épaules devant ces risques. Et vous auriez tort. Le risque de fractures vertébrales de hanche, du bassin, du fémur et de l’humérus ne doit pas être pris à la légère car il s’accompagne d’une mortalité accrue dans les deux sexes. Et là, les hoimmes reprennent de l'ascendant : ils sont davantage concernés que les femmes : un tiers d’entre eux décéderont après une fracture de hanche.

Pour tenter de remédier à cette situation, de nouvelles recommandations sont en cours de publication. Elles reposent notamment sur une mesure de la densité minérale osseuse (DMO) au niveau du rachis lombaire et à l’extrémité du fémur par absorptiométrie biphotonique à rayons X, en utilisant de préférence une courbe de référence masculine.  

 

Surveiller le T-score 

Chez l’homme, l’ostéoporose est définie par la présence de fractures par fragilité osseuse, ou la découverte d’une densité minérale osseuse (DMO) basse avec un T-score égal ou inférieur à - 2,5.

Certes, si votre T-score est supérieur à ce repère, ce n'est pas une garantie totale de ne pas souffrir de fractures ostéoporotiques. Cela peut arriver. Mais, en règle générale, plus le T-score est bas, plus le risque fracturaire est important.

Allez zou, on fait un petit clin d'oeil à Marlène Schiappa que l'on sait sensible à la question de l'égalité homme-femme : en matière de risque fracturaire à T-Score inférieur à 2,5, les femmes sont logées à la même enseigne que les hommes. En effet, selon plusieurs publications, l'égalité homme-femme est enfin atteinte dès qu'il s'agit du gradient de risque de fracture selon la DMO : ce risque est identique dans les deux sexes.

 

Quels critères d'évaluation ?

Pour évaluer le risque de fracture, vos antécédents personnels de fracture, facteur majeur de récidive, mais aussi la morphologie de votre rachis seront pris en compte.

Des antécédents de rachialgie, une perte de taille de 4 cm, une corticothérapie de longue durée auront pour effet d'inciter le médecin à rechercher chez vous une fracture vertébrale.

Le diagnostic sera parfois plus difficile à établir que chez la femme en raison d’une plus grande fréquence des déformations vertébrales. Les autres causes d’ostéopathie fragilisante, telle une fracture d’origine traumatique, devront être éliminées. 

Prévenir les chutes

En parallèle, le médecin devra évaluer, à côté de celui de fractures, le risque de chutes. Il vous faudra alors répondre régulièrement, dès 65 ans, à un petit interrogatoire : si vous avez fait des chutes et combien, si vous craignez de tomber, si vous vous sentez instable (ou pas) en vous levant ou en marchant.

Si vous répondez non à ces trois questions, soufflez, respirez... le risque de fracture est faible. Si vous avez répondu oui aux questions 2 et 3 mais sans présenter de trouble associé de l’équilibre, de la marche ou de la force musculaire en consultation, c'est également le cas : risque faible. 

Quel traitement ?

Il en faut bien...Mais, face à l'insuffisance du nombre d'études thérapeutiques chez l’homme et aux faibles effectifs de patients concernés par ces études, les spécialistes ont choisi de tenir compte de la similarité de données entre les modèles féminin et masculin (variations de DMO et de marqueurs du remodelage osseux observées), sur la diminution du risque de fracture.

Cette similarité de données permet donc de recommander l’utilisation des mêmes médicaments (ndlr, bisphosphonates, tériparatide, parfois dénosumab) que pour les femmes. Quant aux indications thérapeutiques; elles dépendront du T-score.

L’acide zolédronique (5 mg) en perfusion unique annuelle (recommandé en première intention en cas de fracture de l’extrémité supérieure du fémur car ayant démontré un effet anti-fracturaire dans cette situation) et le risédronate (35 mg) sous forme hebdomadaire sont indiqués et remboursés dans toutes les fractures ostéoporotiques.

En cas de deux fractures vertébrales ou plus, le tériparatide (20 µg) sera utilisé en première intention sous forme d’injection sous-cutanée quotidienne (pour une durée de 18 mois). Ce médicament sera remboursé dans cette indication.

Cette prescription sera suivie de celle de bisphosphonates. Le dénosumab (60 mg), sous forme d’une injection sous-cutanée semestrielle, dispose d’une indication dans l’ostéoporose masculine mais n’est pas remboursé.

Selon les observations de la Société française de rhumatologie et du Groupe de Recherche et d'Information sur les Ostéoporoses, il n’est donc pas conseillé de débuter ce traitement en l’absence d’avis d’un spécialiste de pathologie osseuse.

Des mesures complémentaires

Pour accompagner le traitement pharmacologique, vous devrez aussi y associer une activité physique d’au moins deux heures et demie par semaine, ainsi qu'une alimentation proposant des apports protéiques quotidiens d'au moins 1 gramme par kilo de poids ainsi que des apports en calcium voire, en cas de besoin une supplémentation en vitamine D. Y plus qu'à... consulter votre rhumatologue préféré, messieurs !

Alixane Nicolas* / www.formeetbienetre.re / Le Quotidien santé de la Réunion

(*avec Egora)