Les maladies cardiovasculaires sous surveillance

A La Réunion, on enregistre près de 3 300 nouvelles admissions en ALD (affections de longue durée) pour maladies cardiovasculaires chaque année. Sur la période 2012-2014, les maladies cardiovasculaires représentaient 24% de l’ensemble des admissions en ALD sur l’île. Il s’agit du 2ème motif d’admission en ALD derrière le diabète (31%). 61% des admissions concernaient des hommes.

Pourtant, le risque cardio-vasculaire peut être prévenu précocement grâce au dépistage des facteurs qui le favorisent : tabac, hypertension, excès de cholestérol, obésité, tour de taille, diabète, sédentarité, prédisposition familiale… Les examens réguliers permettent d’évaluer efficacement le facteur de risque et de proposer des traitements préventifs et notamment l'activité physique. Alors, votre rendez-vous chez le cardio, c’est pour quand ?

Quels examens chez le cardiologue ? Examen clinique, interrogatoire approfondi, bilan sanguin pour déterminer le taux de cholestérol, de triglycérides, de sucre ; mesure de la tension artérielle, calcul de l’IMC (indice de masse corporelle) qui permet d’évaluer une éventuelle surcharge pondérale, mesure du tour de taille pour déterminer le surplus de graisse abdominale et électrocardiogramme (ECG), avec épreuve d’effort sur un vélo ergométrique pour observer les réactions du cœur. 

Enfin, écho-Doppler cardiaque pour vérifier la présence de plaques de  graisse (athérome) sur les parois des grosses et moyennes artères et de lésions minimes de celles-ci ou des veines. Une échographie, couplée au Doppler, permet de visualiser le cœur, ses parois et ses valves et de suivre la circulation du sang dans les cavités cardiaques et les gros vaisseaux.

Les chiffres à connaître : pour la tension, le seuil se situe à 13/8 en cas de diabète ou de risque cardio-vasculaire élevé.

Quant au taux de cholestérol acceptable, tout dépend des facteurs de risque. Le mauvais cholestérol doit se situer au-dessous de 2,2 g/l s’il n’existe aucun autre facteur de risque ; à 1,9 g pour un facteur ; à 1,6 g pour deux et à 1,3 g pour trois facteurs. Pour le bon cholestérol, le risque se situe au-dessous de 0,50 g/l.

L’indice de masse corporelle normal se situe au-dessous de 25 kg/m2 ; entre 25 et 30, on parle de surcharge pondérale et au-dessus de 30 d’obésité. Le tour de taille pour les hommes ne devrait pas dépasser 102 cm. 

La prostate, un passage obligé

Pour la prostate, le généraliste pratiquera un toucher rectal pour évaluer son volume. Quand elle grossit, elle génère des soucis urinaires. Avec l’âge, tous les hommes sont concernés. D’où l’importance du dépistage du cancer de la prostate qui touche 64/100 000 hommes à La Réunion, soit 292 cas déclarés (chiffres 2015), ce qui en fait le cancer le plus courant chez les hommes réunionnais.

Plus ce cancer est dépisté tôt, plus l’espérance de vie augmente. Le dépistage consiste en un dosage de PSA (antigène spécifique prostatique au seuil de normalité à 4 ng/ml) et un toucher rectal tous les ans à partir de 50 ans, indispensable car plus précocement révélateur dans 15% des cas que le dosage PSA.

Cancer du colon, dépistage très recommandé

Le cancer du côlon ou du rectum (cancer colo-rectal) est la 3e cause de décès des cancers chez l’homme après 50 ans, avec un taux d’incidence de 28,5/100 000 habitants à La Réunion et 132 cas.

Son dépistage (test Hémoccult II) est recommandé aux personnes de plus de 50 ans sans risque particulier, afin de repérer des saignements microscopiques anormaux dans les selles. En cas de test positif, une coloscopie, sous anesthésie générale, est nécessaire.

La testostérone, un taux à surveiller après 60 ans

La testostérone diminue de 1 % par an entre 40 et 80 ans. Mais c’est comme la ménopause, ça n’arrive pas au même âge à tout le monde. 15 à 30 % des hommes de plus de 60 ans seraient concernés par le Déficit androgénique lié à l’âge, autrement dit par l’andropause.

Les symptômes ? Manque de tonus, baisse de libido voire absence totale, irritabilité, insomnie... Le taux bas  se situe à moins de 4 nanogrammes/millilitre et nécessite un traitement hormonal (sous surveillance médicale très suivie) sauf en cas de suspicion ou de cancer avéré de la prostate, car la testotérone  accélèrerait un cancer existant.

Mireille Legait /www.formeetbienetre.re / Le quotidien santé de La Réunion