Le diabète se caractérise par un excès de sucre dans le sang car l’organisme ne parvient pas à réguler cet excès. Quand le taux de glucose sanguin dépasse 1,26 g à jeun à deux reprises (ou à n'importe quel moment de la journée si le glucose est supérieur à 2 gr/l) on estime que l’état de diabète est déclaré. 4900 nouvelles admissions en ALD au titre du diabète ont été enregistrées en moyenne par an entre 2017 et 2018.

Des chiffres à prendre avec recul

Et puisqu'on parle chiffres... Ceux du diabète sont en constante augmentation à La Réunion :  60 400 prises en charge en 2013, 69 800 en 2017. Mais cette évolution à la hausse ne signifie pas forcément que la pathologie progresse d'autant. Les chiffres peuvent témoigner aussi d'un meilleur dépistage et d'une augmentation des inscriptions en ALD.  Cependant, il ne s'agit là que des patients diagnostiqués et pris en charge. En fait, 80 000 à 100 000 personnes seraient concernées dans l'île.

Une entrée dans la pathologie plus précoce

A La Réunion, 2 500 personnes diabétiques sont âgées de moins de 35 ans dont 200 enfants de moins de 15 ans. 73% des diabétiques réunionnais pris en charge ont plus de 55 ans, une classe d'âge qui réunit 83% des patients diabétiques au niveau national. Clairement on entre ici plus tôt dans la maladie qu'en métropole.

Quelles complications ?

Comme toute maladie chronique, on ne guérit pas du diabète (en principe, lire aussi => Et si l'on pouvait guérir du diabète de type 2 ?) mais certaines mesures d’hygiène de vie permettent de réduire le risque de complications. Parce que le diabète à La Réunion, c’est 420 accidents vasculaires cérébraux par an, 1 dialysé sur 2 ou encore 160 amputations. Et aussi des décès : 250 décès directement dûs au diabète en moyenne par an (sources ORS, 2014-2016), dont 20% avant 65 ans, soit 50 décès par an en moyenne, les hommes étant deux fois plus concernés que les femmes par la mortalité prématurée qui est quatre fois plus élevée sur l'île qu'en métropole.

Le diabète cause un décès tous les 36 heures soit plus de 4 décès par semaine !

Type 1, type 2 : quelles différences ?

Le diabète de type 1 : plus souvent dépisté chez l’enfant, cependant mais il peut apparaitre aussi chez les jeunes adultes, en général avant 35 ans. Le diabète de type 1 ne concerne que 10% des personnes diabétiques.

Le diabète de type 1 apparaît lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d'insuline, une hormone dont la fonction est de réguler le taux de sucre dans le sang. Soif intense et fréquente, fringales, besoin d’uriner fréquent, fatigue, perte de poids en dépit d'un bon appétit et fonte musculaire sont les principaux symptômes qui doivent vous alerter et vous amener à consulter.

Le diabète de type 2 : plus fréquent, il touche essentiellement des adultes de plus de 40 ans, sédentaires, mais à La Réunion notamment, cette forme de diabète touche des personnes de plus en plus jeunes du fait de l’épidémie d’obésité chez les enfants et les adolescents. Contrairement au diabète de type 1, le diabète de type 2 est difficile à diagnostiquer car il ne présente pas de symptômes. Mais peut faire de gros dégâts : insuffisance rénale, atteintes visuelles jusqu’à la cécité, gangrène et donc amputation.

Alors qu’en général les hommes sont plus concernés que les femmes, à La Réunion, c’est le contraire qui s’observe avec 56% de femmes parmi les patients souffrant de diabète. Quant au diabète gestationnel, réversible, il concerne 2500 femmes, soit deux femmes enceintes sur dix. Or, sans mesures d'hygiène de vie adaptées pendant et après la grossesse, ces femmes sont exposées au risque de développer un diabète de type 2 quelques années plus tard. Ainsi que leurs enfants.

Lire aussi => Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Mireille Legait / www.formeetbienetre.re / Le quotidien santé de La Réunion