Le diabète, une fois que tu l'as, c'est pour la vie. C'est ce qu'on appelle une maladie chronique. Ca ne veut pas dire qu'il faut s'asseoir au bord du chemin avec son diabète dans les bras. Le diabète, on peut l'apprivoiser, en limiter les effets. Parce qu'au final si on ne fait rien on risque gros : la cécité (le diabète est la première cause de cécité avant 65 ans), l'amputation de membres (les pieds en général...), l'insuffisance rénale (dont la dialyse et/ou la greffe). Le plus souvent, quand on fait un peu attention, on doit gérer de l'obésité, de l'hypertension artérielle... Moins "grave", mais pas pour autant sans risques...

Lire aussi => Qu'est-ce que le diabète ?

On comprend pourquoi l'Agence Régionale de Santé Océan Indien a déclaré le 14 juin dernier, lors d'une conférence de presse, que la lutte contre le diabète était sa priorité première. Ca ne date pas d'hier, puisque depuis 2016 déjà, un certain nombre d'acteurs de la santé et de décideurs politiques ont décidé d'oeuvrer de concert pour limiter la portée de ce fléau de santé publique : l'ARS OI, la CGSS, le Conseil Régional, le Conseil Départemental, l'association des maires de La Réunion, la DDJSCS, la DAAF et la Mutualité de La Réunion. L'union faisant la force, on retrouve, unis comme les doigts de la main, les acteurs de la prévention, du soin et les collectifs de patients. Comme le rappelle l'ARS OI, ce travail d'équipe a permis d'aboutir, quelques mois plus tard, en 2017, à des projets d'action bien anglés en vue d'une meilleure prévention, d'une meilleure prise en charge des patients avec un accompagnement actif sur le terrain des malades.

De même, depuis, La Réunion participe à une enquête nationale sur le parcours de soin. On devrait en connaître les conclusions d'ici la fin de l'année 2019, et, de ce fait, mieux comprendre les difficultés rencontrées par les patients.

Vers la mise en ligne d'une plateforme d'éducation thérapeutique

Depuis 2018, des actions de sensibilisation et d'accompagnement sont menées dans les quartiers. Aux trois ciblés au départ devraient s'ajouter prochainement de nouveaux programmes. Dans ce cas, La Réunion participe à une expérimentale nationale "Dites non au diabète !", lancée par l'Assurance Maladie et le Ministère de la Santé. Comme les actions menées dans les quartiers, cette expérimentale vise à une meilleure information sur la diététique équilibrée, l'intérêt de l'activité physique et l'accompagnement des personnes à risques.

2019 devrait voir la mise en ligne d'une plateforme et d'un programme d'éducation thérapeutique du patient, pour pouvoir proposer, en proximité, un accompagnement à tous les nouveaux patients. Dont un programme d'activités physiques adaptées que la DDJSCS est chargée de labeliser. 

Bref, une action collective, mutualisée, pour faire reculer le diabète, avec une montée en puissance des processus de prévention dès septembre 2019.  Par exemple, chaque contrat local de santé, signé entre l'ARS et les communes participantes, devra comporter un plan de prévention nutritionnelle. Et chaque patient nouvellement diagnostiqué devra pouvoir bénéficier d'un programme d'éducation thérapeutique.

Dépister plus tôt et plus efficacement

Autre point essentiel, le dépistage. Essentiel, quand on sait que, selon l'Observatoire Régional de la Santé Océan Indien, un diabétique sur trois ne saurait pas qu'il est atteint par le diabète.

L'amélioration du dépistage passe par l'implication des médecins de ville, par une surveillance accrue du risque de diabète gestationnel chez la femme enceinte, sachant que dans 30% des cas, une femme ayant eu un diabète gestationnel va développer un diabète chronique dans les dix ans qui suivent. Une "fatalité" que l'on peut conjuger en adoptant dès la fin de la grossesse les mêmes règles de prévention que pendant le diabète gestationnel : équilibre alimentaire et activité physique.

Lire aussi => Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Le plan d'action comprend aussi un volet en direction des personnes en situation de précarité, qui sont souvent éloignées des soins, afin de mieux prévenir et mieux dépister le diabète.

La Réunion, bientôt région pilote ?

Dans ce cadre d'une politique volontariste de prévention du diabète, l'ARS OI et la CGSS ont fait acte de candidature auprès de la Haute Autorité de Santé et du Haut Conseil de l'Assurance Maladie pour que le département devienne pilote dans la mise en place de parcours de soins, établis en partenariats avec les professionnels de santé. Pour l'instant, la candidature est encore à l'étude à Paris.

Lire aussi => Et si on pouvait guérir du diabète de type 2 ?

Lire aussi => Quels traitements pour le diabète de type 1 ?

Lire aussi => Les nouveaux accessoires pour mieux soigner le diabète de type 1

Lire aussi => Quel traitement pour le diabète de type 2 ?