Vous portez des bonnets F, G, H voire plus ? Ce profil n’est pas rare à La Réunion… si ce n’est dans les magasins de lingerie fine ! Même si le marché a beaucoup évolué et que l’on trouve aujourd’hui de jolis dessous pour poitrines généreuses, il faut bien reconnaitre qu’on ne peut pas rivaliser avec les modèles pour bustes menus.

Mais bon… Au-delà des questions « chiffons », pas si futiles qu’il n’y paraît, une forte poitrine est souvent une souffrance qui pousse ces femmes pulpeuses à utiliser le vêtement pour se cacher plus que pour se mettre en valeur, à éviter la salle de sport, entraînant ainsi un surpoids qui ne fait qu’aggraver leur malaise. En raison de ces contraintes, de plus en plus de femmes de tout âge songent à la mammoplastie.

Une opération parfois nécessaire pour réduire l’inconfort

La réduction mammaire, envisageable dè la fin de la puberté en cas d'hypertrophie et jusqu'à la soixantaine, permet de réduire le volume des seins tout en améliorant la forme, la symétrie et l’aspect du sein, de repositionner le mamelon en corrigeant la ptose mammaire (l’affaissement). Le chirurgien peut redonner aussi un joli bombé au pôle supérieur du sein, souvent vidé.
Mais la coquetterie et le désir de paraître moins ronde ne sont pas les seuls motifs de prendre rendez-vous chez un chirurgien de médecine esthétique et réparatrice. « Des seins volumineux peuvent provoquer des irritations sous-mammaires, des douleurs dorsales, des épaules ou de la nuque … », souligne le Dr Jonathan Fray, responsable de l’unité Chirurgie esthétique et réparatrice au CHU Nord.

Les contre-indications possibles

A savoir : en cas d'IMC supérieur à 30, l'opération est déconseillée. De même, attention si vous êtes fumeuse : le risque de nécroses de l’aréole est plus important d’où l’impératif de stopper totalement la cigarette un mois avant et un mois après l’opération. Et si vous allaitez votre bébé, l’allaitement peut être perturbé après l’opération en raison d’une possible réduction des glandes galactogènes et des vaisseaux d’éjection. Mieux vaut attendre le sevrage de bébé, voire votre dernière grossesse souhaitée, pour vous faire opérer. 

Combien coûte une réduction mammaire ?

Si le chirurgien peut retirer plus de 300 grammes par sein, l’opération et l’hospitalisation sont prises en charge par la Sécurité sociale. Restent à régler le complément d’honoraires du chirurgien (de 800 à 3000 euros selon les chirurgiens) et les honoraires de l’anesthésiste (environ 600 euros).  Les mutuelles acceptent en général de prendre en charge une partie de ces compléments d’honoraires. Mais pas en totalité.

Eh oui, en France, c'est rarement indolore pour le compte en banque. En général, le praticien tient compte de la situation financière de sa patiente pour fixer le montant de ses compléments d'honoraires, en fonction aussi de la nécessité d'opérer, autrement dit de la réalité de la surcharge mammaire. 

En revanche, s’il n’est pas possible de retirer ce volume minimal, l’opération ne sera pas prise en charge par la Sécurité sociale, et par conséquent les mutuelles ne pourront pas en assumer une partie du coût. Dans ce cas, comptez entre 5 000 et 6 000 euros pour obtenir le décolleté de vos rêves.

Quel délai pour obtenir une prise en charge ?

Le premier rendez-vous avec un chirurgien peut être assez long, jusqu’à six mois d'attente. Pour gagner du temps pour la suite, il faut venir à la première consultation avec une mammographie et une échographie des seins récentes.  Ces examens sont indispensables avant d’envisager la chirurgie. En général, deux consultations sont nécessaires avant l’opération.
Avec le chirurgien, vous choisirez le volume et la forme des seins que vous souhaitez. « Mais il faut tenir compte de la silhouette de la patiente pour que l’équilibre de la silhouette soit respecté », précise le Dr Jonathan Fray.

Sous anesthésie générale

L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale. L’admission se fait la veille de l’opération et la sortie le lendemain de l’opération. 

Au cours de l’opération, le chirurgien supprimera l’excès des tissus mammaires, de graisse et de la peau. Les incisions sont semblables à ceux d’un lifting péri-aréolaire ou en T inversé.

Les dessins préopératoires sont effectués au cabinet le jour précédent l'intervention.  L’intervention dure entre deux et trois heures, mais comme toujours en médecine et chirurgie, chaque cas est particulier. Il faut garder à l’esprit que la réduction mammaire reste une opération chirurgicale qui peut présenter des risques de complications (infection, caillots, réaction allergique, etc) mais c’est très rare. 

Et après l’opération ?

Vous ressortirez du bloc pansée. Des pansements réguliers seront bien entendus nécessaires jusqu’à cicatrisation. Au troisième jour, des pansements imperméables sont posés de manière à autoriser la douche. Jour et nuit, le port d’un soutien-gorge de contention sera indispensable pendant au moins six semaines. Des achats qui s'ajoutent au coût de l'opération. 
Les douleurs postopératoires sont modérées et traitées par des antidouleurs. La résistance à la souffrance étant très personnelle, certaines personnes opérées pourront témoigner de moments plus compliqués que d’autres qui constatent à peine une gêne modérée. Mais de toute façon, un repos post-opératoire est nécessaire, de quinze jours si vous êtes en tertiaire sans port de charges lourdes à un mois, si votre activité professionnelle est plus « physique ».
Certaines activités domestiques (port de charges lourdes, portage d’un enfant, voire la conduite d’un véhicule, sport…) seront à éviter pendant quelques semaines.

18 mois de patience pour la cicatrisation complète

Il faut compter entre trois et six mois pour le voir s’atténuer et s’assouplir les cicatrices. Au début, elles sont rouges et dures, puis vont blanchir progressivement. Leur aspect définitif sera atteint environ 18 mois après l’opération, parfois deux ans plus tard. 

Selon leur aspect et l’inconfort qu’elles peuvent provoquer des massages locaux peuvent être préconisés. Si les cicatrices ont anormalement épaisses, des patchs de gel de silicone peuvent être prescrits pour les assouplir. Il existe d’autres techniques, telles que la photo-modulation par LED ou la radiofréquence pour améliorer l’aspect des cicatrices dans certains cas où la cicatrisation est plus difficile. « Certaines peaux foncées peuvent présenter des cicatrices chéloïdes », avertit le Dr Jonathan Fray. Mais heureusement des traitements sont possibles pour les atténuer. 

Mireille Legait / www.formeetbienetre.re / Le quotidien santé de La Réunion